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13/08/2010 RTS Le feu approche du centre nucléaire de Sarov
Après avoir alterné nouvelles rassurantes et inquiétudes ces derniers jours, Moscou respirait un peu mieux vendredi matin. Des manifestants critiquant la gestion de la crise du maire de la ville ont été arrêtés. L'incendie ravageant une réserve naturelle près du centre nucléaire russe de Sarov, à 500 kilomètres à l'est de Moscou, a encore gagné du terrain, a indiqué vendredi le ministère des Situations d'urgence dans un communiqué.
"Un certain danger"
"Le foyer d'incendie apparu il y a deux jours dans la partie orientale d'une réserve naturelle, où la foudre a frappé des pins, a gagné du terrain et représente un certain danger".  Le communiqué ne précise pas à quelle distance de l'incendie se trouve les installations nucléaires où sont notamment fabriquées des ogive atomiques. Les autorités avaient affirmé avoir évacué un temps les matériaux radioactifs et explosifs, avant d'assurer que le danger était passé et de les replacer dans ce centre, qui fonctionnerait désormais normalement. Quelque 2.600 personnes combattent les incendies qui menacent depuis le 3 août cette zone où vivent quelque 80.000 habitants et dont l'accès est fermé sauf autorisation spéciale en raison des activités sensibles qui y sont menées.
11/08/2010 AFP Les incendies en Russie posent un danger nucléaire, explique un expert.
Les incendies en Russie peuvent rendre dangereux plusieurs sites nucléaires, notamment s'ils bloquent leur alimentation électrique, avertit Roland Desbordes, président de la Criirad (Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité).
Q: Les incendies en Russie menacent au moins trois sites nucléaires, Maïak, Snejinsk et Sarov.
Quel danger cela représente-t-il ?

R: Les autorités russes disent avoir évacué les armes nucléaires, ce qui est relativement facile, car elles sont mobiles. Mais qu'en est-il des déchets nucléaires, des matériaux radioactifs entreposés dans des cuves, piscines ou fosses plus ou moins sécurisés ? Un incendie, en détruisant des lignes de haute tension, peut interrompre l'alimentation électrique d'un site, mettant en péril son système de refroidissement. Des groupes électrogènes doivent alors prendre le relais, mais peuvent-ils résister à un incendie? Le risque incendie dans les centrales nucléaires est généralement évalué par anticipation d'un feu qui vient de l'intérieur, plutôt que de l'extérieur. Il existe aussi le risque de démarrer une réaction en chaîne non contrôlée, si on ne respecte pas des règles de répartition des matières fissiles.  Ça s'est passé à Tokaï-Mura au Japon, avec de faibles quantités de matières nucléaires. Or en Russie, il s'agit de sites de production quasi industrielle. C'est difficile d'évaluer le risque, car on ne connaît pas les quantités de matières nucléaires, les conditions dans lesquelles elles sont stockées.
Si le système de refroidissement d'une cuve tombe en panne, on peut avoir un accident très grave.
L'explosion d'une cuve de stockage de déchets hautement radioactifs, justement à Maïak en 1957, a provoqué le plus grave accident sur un site nucléaire en dehors de Tchernobyl: les cultures ont été interdites sur plus de 100.000 hectares, des centaines de milliers de personnes contaminées et une trentaine de villages rasés.

Q: Ces sites sont-ils sûrs?
R: On ne sait que ce que la Russie veut bien dire sur ces installations : il existe sur son territoire quantité de sites nucléaires auxquels les étrangers n'ont pas accès. D'ailleurs, on a découvert l'existence de Sarov à la fin des années 80, quand les Soviétiques ont publié des statistiques sur les ordures ménagères. On y trouvait les déchets ménagers d'une ville de 80.000 habitants, alors qu'il n'y avait rien sur la carte!
Q: Y a-t-il un risque de dispersion de particules radioactives?
R: L'an dernier la Criirad s'est rendue dans les environs de Maïak. Tout l'environnement, même éloigné du site, est encore hautement contaminé. Un incendie pourrait remettre en suspension dans l'air les particules radioactives contenues dans la terre et les arbres. Leur altitude et la direction des vents détermineraient jusqu'où elles pourraient retomber.
On ne peut pas dire que le risque qu'elles touchent la France est nul.
Il n'y a pas de raison de s'alarmer, mais il faut être vigilant.


09/08/10 RTS :  Déjà lieu d'une catastrophe nucléaire
Le centre de retraitement se trouve dans la région de Tcheliabinsk, dans l'Oural, à 2.000 km à l'est de Moscou. Le complexe Maïak avait été en 1957 le lieu d'une des principales catastrophes nucléaires en Union soviétique, lors du rejet accidentel de déchets nucléaires liquides qui avait touché 260 000 personnes et nécessité l'évacuation de plusieurs localités dans la région. L'usine Maïak est capable de retraiter 400 tonnes de combustibles par an. Plusieurs autres installations nucléaires russes sont dans des zones à risques.
Autres zones à risques
Le ministre russe des Situations d'urgence Sergueï Choïgou a demandé dimanche à ses services de travailler 24 heures sur 24 pour éteindre un incendie sur sept hectares autour d'un centre nucléaire à Snejinsk (Oural, 1 500 km à l'est de Moscou). "Les conditions météo sont favorables, avec l'absence du vent.
Si cela continue aujourd'hui, l'incendie sera éteint", a déclaré lundi le directeur du centre nucléaire de Snejinsk. Ce centre élabore des armes nucléaires.

Surveillance maintenue
Quant au centre nucléaire de Sarov (région de Nijni-Novgorod, 500 km à l'est de Moscou), également chargé de l'élaboration d'armes nucléaires, "la surveillance se poursuit sur quatre zones où la possibilité d'incendies subsiste", selon Sergueï Novikov, porte-parole de l'agence de l'Energie atomique Rosatom. "Actuellement, dans la zone protégée (du centre), l'incendie a été liquidé. L'équipement et les matériaux explosifs ont été remis dans les installations qui étaient menacées par l'incendie. L'institut travaille normalement", a-t-il poursuivi. Les autorités, après avoir affirmé plusieurs fois qu'il n'y avait aucun risque à Sarov, avaient indiqué en définitive que tous les matériaux radioactifs avaient été évacués du centre la semaine dernière. La canicule et la fumée étouffante à Moscou ont entraîné un doublement de la mortalité dans la capitale russe, où 700 décès sont enregistrés quotidiennement ces derniers jours contre 360-380 habituellement, a indiqué lundi un responsable de la mairie cité par les agences. "Habituellement nous avons 360-380 décès par jour, et maintenant environ 700. La mortalité a été multipliée par deux", a déclaré le chef du département de la santé à la mairie de Moscou, Andreï Seltsovski.
Le responsable a confirmé des informations de presse sur un afflux de corps dans les morgues. Selon lui, il y a actuellement 1300 corps dans les morgues de Moscou, pour une capacité de 1500.
Les chiffres officiels de l'état-civil pour le mois de juillet montraient une augmentation de 50% des décès dans la capitale russe, à 14'340 contre moins de 10'000 habituellement.
La majorité de ces décès concernaient des personnes âgées.
Pas d'amélioration en vue
La capitale russe était toujours plongée dans la fumée des incendies lundi matin, par des températures qui devaient encore dépasser les 35 degrés Celsius, et la situation devait empirer dans la journée, ont de leur côté averti les services météorologiques. Cette mégalopole de 10 millions d'habitants est prise depuis la semaine dernière dans une épaisse fumée âcre venue des feux de tourbières de la région. Comme les jours précédents, de nombreux passants étaient lundi matin équipés d'un masque respiratoire. Les vents de sud-est qui poussent la fumée vers la ville vont se poursuivre, ont averti lundi les services météorologiques. "L'orientation des vents va entraîner une détérioration supplémentaire de la situation écologique dans la ville, la visibilité va descendre à 100 mètres", a indiqué un responsable de ces services, cité par Interfax.
Un air toujours plus vicié
Une responsable de l'observatoire de la qualité de l'air à Moscou a indiqué que les indices de pollution étaient trois fois supérieurs aux seuils d'alerte. "On observe aujourd'hui de nouveau une forte fumée, et une hausse de la concentration de matières polluantes", a dit cette responsable, Elena Lezina. "Ce sont essentiellement des particules d'une taille de moins de 10 microns, du monoxyde de carbone, des hydrocarbures spécifiques, dont les données actuelles indiquent une concentration de 3 fois supérieure à la norme",
a-t-elle ajouté, sur l'antenne de la radio Echo de Moscou.


Carte des anomalies de température au sol (source NASA  05/08/2010)
07/08/2010 Solidarité et progrès.
L’ampleur des dégâts est entièrement due à la désintégration des zones rurales débutée en 1992 avec les politiques ultra-libérales poussées par les intérêts financiers anglo-américains et leur trio Thatcher-Bush-Mitterrand.  Depuis, la Russie a perdu 7 millions d’habitants et un tiers de ses villages.  Comme l’a expliqué Arkady Tishkov, directeur du département géographique de l’Académie des sciences russe, 13 000 villages ont disparus et 35 000 ont désormais moins de 10 habitants et donc plus aucune activité transformatrice. La disparition de milliers de petites exploitations agricoles a laissé à l’abandon les champs et les pâturages où la végétation à pu croître et s’accumuler comme jamais. Dans les régions de Moscou, Tver, Riazan et Vladimir, les systèmes de régulation artificielle de l’eau des tourbières sont en ruine, et les tourbières asséchées prennent feu sans que l’on puisse y ramener de l’eau. De surcroît, l’office des forêts a été démantelé et la gestion des bois a été laissée aux grands propriétaires terriens qui n’exploitent la forêt que pour un profit immédiat. Pour Tischkov, ces incendies sont « le premier signal d’alarme nous mettant en garde contre la dé-écologisation de l’économie et de la société ».

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